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Nos réalisations

Atelier d’écriture du 8 octobre 2014

avec Nimrod

dans le cadre de l’exposition "un temps pour tout"

LES VANITÉS

Jouis de la vie avec la femme que tu aimes
pendant toute la durée de ta vie de vanité
que Dieu t’a donnée sous le soleil,
pendant toute la durée de ta vie de vanité,
car voilà quelle est ta part dans la vie et dans ton travail
auquel tu travailles sous le soleil.

L’Ecclésiaste, IX, 9.

Jouir, c’est tout ensemble éprouver du plaisir et faire l’expérience de la beauté. Un peintre, un écrivain, un artiste lisent autrement le verset de l’Ecclésiaste. Celui-ci constitue pour eux un éloge à l’instant et, partant, un hommage à la création : « Ta part dans la vie et ton travail auquel tu travailles sous le soleil. » Sans façon, nous voilà introduits dans l’atelier de l’artiste ! L’atelier est un petit résumé de l’Ecclésiaste, car il est tout à la fois la fabrique de la beauté et la traversée du temps.Retour ligne automatique
Est-il possible de consacrer un atelier d’écriture aux vanités ? À quel ridicule nous exposons-nous ? Comme l’illustrent les peintres réunis par Sylvie Tschiember, notre légitimité est pleine et entière. L’Ecclésiaste et, à sa suite, saint Augustin, Clément Marot, Pascal, Jean-Jacques Rousseau, Adolphe Monod et tant d’autres nous ont montré qu’il était encore possible d’explorer les vanités en littérature.

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Quelques échanges recueillis....

Par Sylvie Tschiember :

NIMROD :
Proust a mis trois ans avant d’écrire cette phrase
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »
Il s’agit de l’une des phrases les plus célèbres de la littérature française. Pour certains, elle résume à elle seule toute la recherche.
Céline, prenait 200 pages de correction pour chaque page d’écriture

On a de la marge ai-je pensé !

« ET VOUS, POURQUOI VOULEZ-VOUS ECRIRE ? »
CAROLINE :
« Je suis une artiste plasticienne et j’ai besoin d’écrire pour expliquer mon travail. Je dois mettre en œuvre tous les moyens de l’artisan pour faire surgir la beauté dans mon travail aussi bien dans le dessin que dans la peinture. J’ai la mission d’aider les autres à voir ce qu’ils ne voient pas. »
MARIE-HELENE :
Soulève la question du spectateur devant une œuvre d’art quelle qu’elle soit et l’idée du non-dit.
« Pourquoi écrivez-vous Nimrod et quels sont les thèmes qui vous inspirent ?
Comment vous vient l’inspiration ? »
NIMROD :
« L’Afrique, l’enfance, l’automne, sont quelques uns des thèmes qui m’inspirent…
Mon écriture vient de la contemplation, de l’évocation, de la justification ……
Ma journée ressemble à celle d’un casseur de cailloux. Un mot c’est comme une brique. Tous les mots sont importants. Pour qu’une phrase tienne, il faut qu’il y ait une harmonie entre eux. L’harmonie perdure pas la dissonance. »

ANN évoque l’équilibre texte-image qu’elle doit respecter et du moment présent qu’elle aime fixer.

ROGER : « Mon fils écrit des livres pour enfants, je me dis qu’il n’est jamais trop tard pour écrire »

Puis vient le moment de faire le lien entre l’écriture et la Bible.

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L’atelier est lancé
« Lettre à lumière d’automne »

Mallarmé rêvait d’écrire un seul mot. Nul besoin de phrases longues pour dire l’essentiel, ai-je pensé !

Par Marie-Hélène Bourgougnon :
"L’atelier d’écriture organisé le 9 octobre 2014 par Protestantisme et Images, proposé par l’écrivain Nimrod dans le cadre de l’exposition « Un temps pour tout » m’intriguait.
Quel rapport le texte Eccl IX,9 pouvait-il avoir avec l’artiste, écrivain, poète, peintre ou plasticien ?
Des trois heures de partage en petit comité ont surgi quelques questions et réponses.
Pourquoi vouloir écrire, peindre, produire une œuvre ? L’auteur a-t-il envie ou besoin de créer ? S’agit-il de faire surgir la beauté, aider les autres à voir, à entendre ? Comment lire une œuvre, l’auteur s’implique-t-il avec son vécu ? Dans une œuvre faut-il mêler graphisme et texte, cacher le texte, faire entrer le lecteur/le spectateur, dire ou ne pas dire ce qu’on ressent, ce qu’on pense ?
La création est-ce un travail ou un plaisir, une jouissance ou une vanité ?
Un atelier d’écriture est d’abord un lieu de parole. L’écriture est une question d’harmonie entre les mots, les sons. Vient alors le moment clé.

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1er jet "lettre à une lumière d’automne"

Nimrod nous propose un titre « lettre à une lumière d’automne ». Nous sont alors accordées 25 minutes pour écrire, peu importe la forme : poème, poésie ; à nous de jouer.
Des textes produits, nous apprendrons les fautes classiques à éviter, les allègements à apporter, mais surtout nous retiendrons du temps partagé : le bonheur de la surprise."

Par Caroline Biaggi :

Lors de cet atelier d’écriture, avec humour et pédagogie, en corrigeant les textes que nous avions écrits, Nimrod nous a montré comment éviter dissonances, répétitions et lourdeurs ; comment choisir le mot juste et bien le placer dans la phrase.
Mais pour autant, il nous a bien montré que ce travail de ciselage ne doit pas dénaturer la pensée de l’auteur
Un moment privilégié que je vais tâcher de faire fructifier.

Les textes définitifs :

CLAIR-OBSCUR

J’ai connu ta lumière,
Connu l’obscurité.
Tant que tu es là,
Je me recharge
Marche dans le noir.
Tu déclines avec le jour
Et fais vibrer mon âme.
Que me réserve le passé ?

L’insensé marche sans te voir.

Sylvie Tschiember

Deux haïkus :
I comme Iguane

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H comme Homard

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