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D. Dendrael, conservateur du musée du Hiéron, à Paray-le-Monial (déc. 2011)

le musée du Hiéron à Paray-le-Monial

À

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D. Dendrael (à g.) et notre équipe
autour de l’oeuvre de V. Colombel
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D. Dendrael et J. Cottin
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B. Berlemont et M. Grenier (au fond)
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La salle centrale du musée
avec l’installation de V. Colombel "l’échelle de Jacob"

Texte de l’entretien que nous avons eu avec Mme Dominique Dendrael, rédigé par Martine Grenier

Mme Dendrael, la conservatrice du musée, a ouvert le musée ce lundi spécialement pour nous recevoir et elle a éclairé notre visite de ses commentaires passionnants et passionnés.

Deux raisons ont motivé notre déplacement : la première est liée à la particularité du lieu, il fait partie des rares musées religieux modernes, la seconde, à l’exposition de travaux de l’artiste contemporain, Valérie Colombel dont nous connaissions l’oeuvre uniquement par reproductions. Le dialogue provoqué entre son travail et les œuvres anciennes des collections du musée nous intriguait.

Le Musée.
Sa dénomination pose question : il est intitulé soit Musée d’art sacré, soit Musée eucharistique du Hieron, soit encore, Musée du Hieron. Ces hésitations, bien dérangeantes pour la communication, tiennent à son origine.

Le rassemblement de la collection commence à la fin du 19è siècle, d’abord sous l’égide du père Victor Drevon ((1820-1880), puis d’Alexandre de Sarachaga (1840-1918) qui consacre sa fortune a réunir une collection d’œuvres internationales toujours sur le thème de l’eucharistie puis à faire construire le bâtiment entre 1890 et 1893.

Le propos du musée est alors de montrer le lien théologique entre l’eucharistie et le Sacré-Coeur, mais aussi le lien entre les pratiques religieuses et l’histoire de la ville centrée sur les apparitions du sacré-Cœur à Marguerite-Marie Alacoque entre 1673 et 1679.
Ce musée est une petite institution qui vit en lien avec le patrimoine local, en particulier industriel comme l’industrie de la mosaïque.

Quand il y a une dizaine d’année, Mme Dendrael est arrivée à Paray-Le-Monial, l’enjeu était clair : sauver la collection en déserrance, et la présenter dans le cloître de la basilique. Le bâtiment actuel du musée était inconnu. Redécouvert, sa rotonde surmontée d’une charpente rivetée à l’Eiffel et le charme du lieu, ces atouts ont modifié les options. La rénovation du musée a été décidée.

Des difficultés sont alors apparues. La collection appartenait au pèlerinage, et le bâtiment à l’association diocésaine. La mairie a décidé de reprendre en charge la collection mais avec le soutien de l’Etat. Le musée municipal s’est enrichi du label de Musée de France religieux.

Le musée est donc régulièrement visité par les inspecteurs des musées de France et peut bénéficier de subventions. C’est ainsi que le chef d’œuvre de joaillerie la « via vitae » de J. Chaumet, déclarée trésor national, a pu entrer dans les collections.
La décision de rénovation de l’ancien bâtiment était prise en décembre 2001, l’ouverture a eu lieu en 2005. Entre temps la restauration des tableaux était faite.

L’organisation du musée.

Le musée est assez petit, son plan est simple mais fonctionnel. Il reprend les grandes lignes organisationnel de l’origine, il n’y pas eu de la part de l’architecte reconstitution mais restitution : une rotonde centrale concentre la partie historique (les religions dans le temps depuis la préhistoire, en passant par l’Egypte et l’Art roman jusqu’aux cabinets de curiosité) est entourée des salles d’exposition thématisées ainsi : "Sous le signe de la croix", "Les modèles divin et humain", "Le cœur de Jésus", "À la table du seigneur" enfin "La divine hostie".
Un sous sol reproduit les mêmes espaces, mais une grande partie est réservée aux réserves. S’y trouvent néanmoins, les ateliers pédagogiques, une iconothèque et une bibliothèque.
Vue sa taille, le musée ne comporte pas de salles d’exposition temporaire ni les bureaux qui sont dans un autre bâtiment.

Le public.

Des amateurs d’art, des pèlerins, des touristes et des amateurs d’art contemporain.
Un travail pédagogique est mené avec les enfants des écoles privées et publiques. Les ateliers pédagogiques montent des projets en lien avec les écoles et leur programme. C’est assez délicat, car il faut jongler avec le religieux… L’élargissement de la collection se fait grâce aux acquisitions rendues possibles par des subventions mais aussi par des bienfaiteurs. Il n’y pas encore d’amis du musée.
Un comité scientifique a été créé, dont D. Ponnau, ancien Directeur de l’Ecole du Louvre est membre.

L’art contemporain.

Son rôle est de montrer que la création spirituelle se poursuit.
Le parcours sacré ancien est actuellement ponctué par les œuvres de la plasticienne Valérie Colombel. Dans le thème du parcours Sous le signe de la croix, Imago joue avec un Christ en croix ancien. C’est par un corps féminin inscrit dans une croix, l’évocation de la chrysalide qui se transforme en papillon.

La collection ancienne donne une compréhension de l’eucharistie qui n’est plus la nôtre. Après le concile de Trente, on assiste à la multiplication des scènes eucharistiques c’est ce que la salle du parcours, La divine hostie, tente de rendre par l’accumulation tout à fait 19è des tableaux (Peintures italienne 17è-18è). Ce double jeu montre l’entrecroisement de l’histoire du christianisme et de celle du regard.

Au départ l’art contemporain était là pour créer un dialogue avec la collection, maintenant il est devenu une porte d’entrée, il est ce qui permet au regard de s’arrêter sur les œuvres anciennes qui ne sont plus comprises.
La salle consacrée au Cœur de Jésus permet de suivre l’évolution du motif dans l’iconographie, d’emblématique dans les premiers temps, il devient organique au 19è.

Ailleurs Bertholle, Rouault et Manessier côtoient Jean-Georges Cornélius (1880-1963) bien représenté à la suite d’ une donation de sa fille Marie-Edith Cornélius en 2004.

A l’étage inférieur, les fusains d’Alexandre Hollan interpellent, tandis que le travail de Cécile Marie sur la matière renouvelle notre vision du corps du crucifié.

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Le sous-sol du musée, consacré à l’art contemporain
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Notre parcours s’est clos sur l’installation multimédia interactive « La traversée du sacré » de J.P. Barrière dont l’intérêt tient entre autre, au fait qu’elle est « potentiellement aléatoire jusqu’à l’infini ». C’est une commande du musée Il s’agit d’une installation interactive multimédia (image animée, son, paroles), réalisée par Jean-Baptiste Barrière, artiste multimédias. Des images mouvantes sont projetées sur quatre écrans, par 4 appareils de projections et des caméras sont suspendus au plafond. Un texte est lu par Michael Londasle.

Le visiteur pénétrant dans la salle, découvre sur un écran son propre reflet, et à travers lui des fragments de lumières et de couleurs qui bougent et changent à l’infini, au fur et à mesure que le visiteur de déplace.

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l’installation multimédia interactive de
Jean-Baptiste Barrière
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Martine Grenier