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Bibliothèque (1990-2016)

Un ange passe

7 lieux spirituels - 7 Räume des Glaubens

Auteurs : Didier JORDAN, Gabriel de MONTMOLLIN

Nous avons là un magnifique catalogue de photographies de l’exposition « Un ange passe - 7 lieux spirituels » qui fut présentée au bord du lac de Morat, à l’occasion de l’exposition nationale suisse de 2002. L’idée était de présenter 7 lieux de création artistique autour de 7 artistes. Chaque artiste possédant un cabanon sur les rives du lac helvète. 7 mots avaient été retenus, qu’il s’agissait non d’illustrer, mais de mettre en scène, en représentation : « Mystère » (Bob Wilson), « Au-delà » (Anish Kapoor), « Bonne Nouvelle  » (Ernst Hiestand, Paul Bason), « Relations  » (Susann Walder), « Wort » (Anton Egloff), « Segen  » (Roland Herzog), « Création » (Bob Wilson).

Le catalogue présente à la fois les créations artistiques, les paysages sauvages grandioses autour du lac, et les visiteurs en train d’expérimenter ces « œuvres d’art ». Il ressort une publication très dynamique, liée aussi au fait que la plupart des photographies sont en pleine page, sans marges ni contours.

On a aussi un aperçu de ce qu’est la création contemporaine : les œuvres d’art sont en fait souvent des « installations » dynamiques, qui font participer les spectateurs au processus artistique, en le rendant actif par ses réactions, ses déplacements, ses interrogations. Chaque artiste a inventé un processus artistique autour du mot qui lui était confié, ce qui donne des résultats très différents, mais pareillement intéressants. Par ex. la création autour du mot « Bonne Nouvelle » consistait à mettre en scènes 50 réponses, parmi les 1052 reçues en septembre 2001 à la question « qui es-tu pour Dieu ? ». « Segen » (« Bénédiction »), montrait 6 paires de bras sculptées avec les mains tournées vers le bas, d’où sortaient des filets d’eau. Ce dispositif proposait de comprendre Dieu comme un être protégeant le monde et lui offrant la vie (l’eau), avant toute initiative humaine.

Un petit ouvrage très stimulant, qui permet en outre de visiter l’exposition (presque) comme si on y était. Dommage que la France n’ait pas su rebondir sur cette exposition helvète de qualité, tant par la création artistique que par le lien suggéré avec la spiritualité biblique.