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Bibliothèque (1990-2017)

Das Kreuz

Symbol, Gestalt, Bedeutung

Auteur : Wilhelm ZIEHR

Cet ouvrage remarquablement illustré propose un parcours de type encyclopédique sur la croix. Celle-ci est envisagée à la fois historiquement, sociologiquement, anthropologiquement, artistiquement, liturgiquement, ecclésiastiquement. Nous sommes face à une approche multiple, interdisciplinaire et interculturelle d’un symbole universel, mais qui est aussi fortement historiquement.

De fait l’a. ne confond pas l’histoire de la croix avec l’événement de Jésus. Les deux premières parties ont pour but de montrer que la croix est à la fois plus ancienne ("Das Kreuz als Urzeichen ") et plus universelle ("Das Kreuz in den Weltkulturen ") que ce qu’elle est devenu dans le christianisme, le symbole de la mort et de la résurrection de Jésus, puis le symbole du christianisme lui-même.

Mais avec l’essor du christianisme et surtout son triomphe politique comme religion d’empire au IVe siècle, la croix change radicalement de nature et de fonction, pour symboliser l’alliance du trône et de l’autel et - hélas secondairement - le message rédempteur du christianisme. L’a. n’a pas caché ce dérapage politique de l’image de la croix dû à Constantin, et s’étend longuement sur les différents symboles impériaux. Mais il n’oublie pas non plus de montrer (au sens propre et au sens figuré) que s’est développée très tôt une mystique de la croix, expression de la "souffrance pour Christ", signification de la Passion de Jésus, actualisation d’une théologie de martyre.

Après ce tour d’horizon très complet sur la croix dans l’empire romain on aborde la croix au Moyen Age. Là encore, celle-ci est montrée sous ses différents aspects, les plus honorables (la croix comme expression du mystère de la rédemption) comme les plus haïssables (la croix des croisés et des inquisiteurs). La encore, l’iconographie de la croix reste hélas dominée par la confusion entre les deux pouvoirs, le temporel et le spirituel.

Il faut attendre l’époque moderne pour qu’une clarification entre le politique et le religieux se fasse jour. L’a. a pris soin de consacrer deux sous-chapitres à la Réforme ("La croix des réformateurs"), avant de proposer un vaste tour d’horizon contemporain, qui fait une large place (trop à mon goût !) aux multiples pratiques religieuses et processions liturgiques liées à la dévotion actuelle autour de la croix. On aurait souhaité un peu plus de retenue dans les photos de processions orthodoxes ou vaticanes autour de la Sainte Croix (de nouveau l’alliance des deux pouvoirs ?). Mais il est vrai que sous cet aspect, le protestantisme n’a pas grand chose à dire et à montrer.

On a ainsi l’impression que la perspective universaliste et non confessante, fortement évoquée au début, se restreint peu à peu. pour aboutir à un proposition de foi autour de la croix, très marquée par une perspective catholique relativement traditionnelle. C’est dommage car par ailleurs l’étude est d’une érudition certaine