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Bibliothèque (1990-2016)

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Predigten und Denkanstösse zu moderner Kunst

Auteurs : Hans-Werner DANNOWSKI, Gabriele SAND

Cet ouvrage rend compte d’un certain nombre de "cultes artistiques" (Kunstgottestienste) qui ont lieu depuis 1983 à l’intérieur du musée Sprengel à Hanovre. Comme le souligne l’introduction, un tel projet n’est possible qu’à une double condition : que les acteurs culturels - ici l’un des musée de la ville - soient ouverts à la dimension spirituelle et biblique d’une œuvre d’art, et que les Eglises soient ouvert à la dimension artistiques ; de fait, les églises luthériennes de Hanovre (en relation avec les églises catholiques, réformée et la communauté juive) se sont impliquées dans différents projets artistiques comme celui "Donner un espace à l’art dans les églises".

La publication ne rapporte que les prédications artistiques de l’un des protagonistes de ces "cultes artistiques", H-W Dannowsky. Celles-ci sont introduites par une historienne de l’art travaillant au musée Sprengel, G. Sand. Nous avons donc là une collaboration équilibré et exemplaire entre les milieux de l’art contemporains et l’institution ecclésiale, réalité qui serait difficilement envisageable en contexte français.

15 œuvres d’art contemporaines sont commentées, à la fois artistiquement et spirituellement. Le choix des œuvres et des artistes est assez classique : à côté de grands noms de l’art allemand du 20e siècle (Barlach, Werefkin, Ernst, Beuys, Richter), des français (Dubuffet, Chagall) et des abstraits américains (Mark Rothko ; Bruce Nauman, Sam Francis, Robert Frank), des artistes moins connus (Otto Piene, Horst Antes, Ernst Wilhelm Nay). Les 15 œuvres commentées n’ont aucune relation avec les thématiques bibliques ou religieuses. Les utiliser en contexte religieux n’est certes pas interdit, mais on aurait alors aimé avoir une réflexion sur les fondements conceptuels permettant un lien qui ne soit ni récupérateur, ni arbitraire.

Deux faiblesses à cet ouvrage : 1) La relation à Bible est très ténue, pour ne pas dire inexistante. Etonnant pour des textes qui s’intitulent "prédications". On n’y trouve pas le va-et-vient que l’on attendrait entre un texte biblique - souvent absent ou réduit à quelques citations hors texte - et l’œuvre d’art. Le texte biblique reste le plus souvent réduit à un pré-texte (prétexte). Pourquoi alors garder le mot "prédication" et ne pas assumer pleinement le caractère non kérygmatique du discours ? On reste sur sa faim. 2) Le style oral est souvent conservé ; il aurait fallu retravailler le texte en vue de sa mise par écrit, destiné à un autre auditoire. Par ex. quand l’a. parle de "Mme Schröfel et des musiciennes" (p. 112) ; ce genre d’allusion à des participants de l’événement est tout à fait déplacé et superflu dans une publication qui vise un autre public que celui présent lors de ces discours oraux.

L’esthétique du livre - fortement subventionné - est bien travaillée - papier glacé, effets graphiques, mise en page soignée - et les œuvres commentées sont aussi disponibles sur CD. On a parfois l’impression que la qualité esthétique de l’ouvrage l’emporte sur son contenu.

Jérôme COTTIN