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Bibliothèque (1990-2016)

L’échelle céleste dans l’art du Moyen Age

Une image de la quête du ciel

Auteur : Christian HECK

A partir du récit biblique de la vision de Jacob à Béthel (Gn 28, 10-22), l’a. montre le déploiement du thème de l’échelle céleste dans l’art de l’antiquité tardive et du Moyen Age, jusqu’à son déclin et sa disparition au 16e siècle.

En fait, le récit biblique de Gn 28, auquel il faut rajouter les Psaumes des montées (Ps 119 à 135), une partie de la vision d’Ez 40 et un verset de Paul (II Co 12, 2), ne constitue qu’une source d’un thème qui puise à différentes influences religieuses et profanes dans la littérature antique.

L’analyse iconographique d’une centaine d’œuvres tirées essentiellement d’enluminures montre que l’échelle céleste couvre, en Occident, des significations multiples, paradoxales, parfois rivales. Thème qui oscille constamment entre un pôle eschatologique et cosmogonique, et un pôle moral et spirituel, un mouvement de montée et le mouvement inverse de descente, une approche élitiste (la seule montée du Christ ou des Saints) et une approche plus « démocratique » (la montée de tous les croyants).

L’iconographie de l’échelle céleste couvre ainsi 4 domaines : - la cosmologie ; - la mystique ; - l’anthropologie ; - l’eschatologie. Les grandes figures qui ont contribué au succès de ce thème sont multiples. Citons les plus récurrentes : Jean Climaque pour l’Orient, et pour l’Occident Denis l’Areopagite, St Benoit, Raban Maur, les femmes mystiques du 12e siècle, Dante, Brigitte de Suède, Henri Suzo, Gerson.

L’ouvrage offre un bel exemple de la richesse et de la complexité d’une étude iconographique, et montre que la Bible ne représente qu’une source parmi tant d’autres de la création visuelle, laquelle ne saurait se contenter d’être une illustration d’un texte ou d’une pensée. Il existe un va-et-vient continuel entre textes et images, chacun s’inspirant de l’autre et produisant des effets de sens multiples. 195 images en noir et blanc constituent un corpus visuel complet et précis. On regrettera simplement que la conclusion évoque trop rapidement (p. 267) les répercusions modernes et contemporaines de ce thème. L’ouvrage est toutefois un modèle d’étude d’iconographie biblique.