Acceuil
Bibliothèque (1990-2017)

Religion und Ästhetik bei Ingmar Bergman und Luis Bunuel

Eine interdisciplinäre Auseiandersetzung mit dem Medium Film.

Auteurs : Hanjo SAUER, Monika LEISCH-KIESL

Les a. sont deux professeurs de la nouvelle faculté privée de théologie catholique de Linz en Autriche. Ce livre, le résultat d’un cours interdisciplinaire à deux voix, est un modèle d’équilibre entre analyse esthétique et reprise théologique et philosophique. L’une des a., Monika Leisch-Kiesl, philosophe de formation, dirige par ailleurs l’important et récent Institut d’histoire de l’art et de philosophie de cette université créée en 2005, et qui a pris la suite de l’Institut d’art et d’architecture créé par Günter Rombold en 1984.

Les deux auteurs ont choisi d’explorer deux cinéastes aux profils et contextes fort opposés, mais qui se sont tous les deux longuement confrontés avec l’idée de Dieu et la réalité du christianisme : Ingmar Bergman et Luis Bunuel. Chaque auteur présente et étudie de manière la plus exhaustive possible un film (8 films présentés pour Bergmann, 7 pour Bunuel). Pour leurs analyses, les deux a. se font appuyés sur des sources différentes : tandis que Sauer a étudié les scenarii des films, Leisch-Kiesl s’est plutôt appuyée sur la littérature secondaire.

L’ouvrage se termine par deux études parallèles sur le thème "Religion et esthétique" chez Bergmann (Sauer) et chez Bunuel (Leisch-Kiesl).

Les a. s’intéressent d’abord à la logique propre du document artistique, son message, sa plasticité, son scenario, sa relation à l’auteur ainsi qu’au récepteur. Seulement ensuite, la question théologique ou religieuse est posée.

Concernant la relation des deux cinéastes au christianisme, on aboutit à une conclusion assez proche de ce que l’on trouve chez la plupart des grands artistes du 20e siècle : d’un côté on trouve chez chacun d’eux un athéisme revendiqué, un virulent refus du christianisme ; mais il s’agit en fait moins d’un rejet de Dieu que de l’image de Dieu véhiculée par des institutions religieuses proches du pouvoir, et qui furent en général castratrices, culpabilisantes et conservatrices. D’un autre côté, ces cinéastes nous disent leur fascination pour les symboles, mythes et images créés par le christianisme, leur désir de sincérité, leur aspiration à un dépassement ou une acceptation de soi. Une rencontre est alors possible avec une anthropologie chrétienne débarrassée des trahisons et compromissions du christianisme en tant que forme historique : Bunuel se disait "athée grâce à Dieu", tandis que Bergman a longtemps signé les manuscrits de ses films avec la mention s.d.g. (Soli Deo Gloria). Le rapprochement entre ces deux cinéastes, qui aurait pu sembler artificier, se révèle au final fort judicieux.

Jérôme COTTIN