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Bibliothèque (1990-2017)

Jésus-Christ en écriture d’images

Premières représentations chrétiennes

Auteur : Jérôme COTTIN

Sait-on que l’art chrétien des premiers siècles (= art paléochrétien) fut très prudent quant à la représentation de Dieu, qu’il refusa de représenter le crucifié, et qu’il fut très marqué par le souci de représenter les récits bibliques ? Soucieux par ailleurs de dialoguer avec la culture contemporaine (= la culture romaine), il emprunta un certain nombre de thèmes à l’art païen (Orphée, le berger, le philosophe, le dieu solaire etc..) d’abord de manière neutre, puis en les christianisant.

L’art des premiers siècles comprend deux périodes très distinctes : avant la Paix de l’Eglise, c’est à dire la période où le christianisme devint religion tolérée, puis officielle, durant le premier tiers du 4e siècle : l’art chrétien est à cette époque où le christianisme est persécuté un art modeste, caché, illégal. On le trouve surtout dans les catacombes romaines, et dans quelques demeures privées. Après le triomphe du christianisme, et la construction des premières basiliques chrétiennes, l’art chrétien peut se montrer au grand jour. Il devient triomphant, et s’inspire de l’idéologie et de l’iconographie impériales pour dire la grandeur du Dieu de Jésus-Christ. Il y a donc télescopage entre deux types d’iconographie très différentes ; une confusion plus ou moins volontairement entretenue entre l’iconographie de l’empereur et celle du Christ, tous deux siégeant sur un trône entouré de gardes, au milieu d’un protocole impérial. Au 6e siècle, les fastes de la cour impériale bysantine à Ravenne laisseront quelques très beaux chefs d’œuvres du premier art chrétien.

L’a. étudie la richesse de cet art chrétien des premiers siècles à partir de deux thèmes : la figure du Christ d’abord, l’image de la croix ensuite : d’abord croix glorieuse et céleste, pour devenir ensuite la croix du crucifié. Il étudie particulièrement quelques représentations de cet art sur les sarcophages de Arles, peu étudiés jusqu’à maintenant. Une reprise théologique et biblique de ces différents thèmes iconographiques est proposée tout au long de cette étude.