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Bibliothèque (1990-2017)

Via Crucis

Das Kreuz in der Kunst der Gegenwart

Auteur : Jürgen KNUBBEN (éd.)

Dans l’ancienne ville libre d’Empire, Rottweil, aujourd’hui une paisible bourgade du Bade-Wurtemberg, la croix est omniprésente : comme plan de la ville médiévale (depuis 1200), comme signe inscrit en doré sur l’aigle noir du blason de la ville (depuis 1500), comme principe mystique guidant l’ordre de St-Jean, comme nom donné à la cathédrale de la "Sainte-croix", à la confrérie de la "Sainte-croix", à l’auberge "à la croix" etc. L’entière vie politique, religieuse, économique et sociale de cette ville d’art au passé prestigieux était placé sous le signe théologique, liturgique, mais aussi plastique de la croix.

C’est ce qui a donné l’idée aux auteurs d’organiser une exposition tendant à retraduire dans un contexte idéologique et artistique contemporain ce symbolisme religieux et mystique de la croix. L’exposition est organisée comme une Via Crucis , un chemin de croix. Mais elle présente, au lieu des 14 stations de croix traditionnelles, 55 travaux d’artistes contemporains sur la croix. Il s’agit pour la plupart d’artistes encore jeunes, vivant et travaillant majoritairement dans différentes villes d’Allemagne. C’est donc une expression très germanique de l’art religieux contemporain qui est proposée.

Ces productions se caractérisent par une grande créativité personnelle, un élan de subjectivité qui va à l’encontre de toute expession dogmatique, liturgique ou historique de la croix. Il s’agit en effet de croix - et non de crucifix ou de crucifixions. Pas de Christ donc, mais simplement le symbole épuré de deux lignes, l’une horizontale et l’autre verticale, qui se croisent. Ces créations faites autour d’un seul signe plairont aux protestants, qui privilégient le signe sur l’image.

On trouvera des croix faites de matériaux de récupération (pneus, chiffons, boites de conserves...), des croix dessinées ou découpées en creux dans divers matériaux, des croix simplement évoquées ou suggérées, des croix sculptées ou des croix dessinées. Des croix qui disent la condition humaine, d’autres qui évoquent l’obscurité, d’autres encore qui appellent la lumière. Certaines renvoient au Christ ou du moins à son souvenir, d’autres semblent au contraire s’en séparer pour rejoindre un symbolisme universel plus ancien, de l’ordre de l’archétype. Peu importe. L’essentiel est que l’objectif des auteurs et organisateurs de l’exposition, qui était de prendre appui sur la tradition chrétienne pour créer du neuf, soit atteint.

On regettera simplement qu’il ne soit pas proposé de "lecture" de ces oeuvres, ce qui laisse le spectateur totalement libre de sa propre interprétation, qu’il n’a pas loisir de confronter avec celle des autres, et d’abord celle des auteurs.